Toussaint en Polynésie : se retrouver pour ceux qui nous manquent
À l’approche du 1er novembre, les familles polynésiennes préparent les tombes de leurs proches. On nettoie, on désherbe, on repeint ce qui en a besoin. Puis viennent les fleurs, les bougies et, sur certaines sépultures, le sable blanc.
Ces préparatifs prennent du temps. Ils sont aussi une façon de se retrouver et de s’occuper ensemble de ceux qui ne sont plus là.

Des gestes que l’on continue de transmettre
Au fenua, le sable blanc fait partie des traditions de la Toussaint. Dans certaines familles, on en remet sur les tombes après les avoir nettoyées. Il provient notamment de Taha’a.
En 2025, un reportage de TNTV suivait une habitante de Papeari venue avec ses filles préparer la sépulture de ses parents. Désherbage, peinture, sable, puis fleurs et bougies : une succession de gestes qu’elle expliquait simplement par le respect et l’hommage qu’elle souhaitait leur rendre.
On vient pour entretenir une tombe, mais on parle aussi de la personne qui y repose. Un souvenir en appelle un autre. Les enfants écoutent, posent des questions et découvrent parfois une partie de leur histoire familiale.
Quand les bougies s’allument
À la tombée du jour vient le Tūramara’a, l’illumination des sépultures. Les bougies sont allumées, les familles restent auprès de leurs proches. Selon les célébrations, des prières et des chants accompagnent ce moment.
Le Tūramara’a laisse aussi une place aux retrouvailles. On prend des nouvelles, on évoque une habitude du défunt, une anecdote qui fait sourire. La peine n’empêche pas de rire en repensant aux bons moments. Ceux qui ne sont plus là gardent ainsi leur place dans les conversations, le temps d’une soirée où la famille se rassemble autour de leur mémoire.
Pour les chrétiens, cette lumière exprime l’espérance de la vie éternelle. D’autres viennent avant tout pour se recueillir en famille. Chacun y trouve sa place, avec sa foi, ses souvenirs et sa manière de vivre l’absence.
Si le 1er novembre célèbre tous les saints dans le calendrier catholique, la commémoration des défunts a lieu le 2 novembre. En Polynésie, les retrouvailles autour des tombes rapprochent ces deux rendez-vous. Le Tūramara’a peut se dérouler sur plusieurs jours selon les paroisses. (tahiti-infos.com, tntvnews.pf)

Raconter ceux que les enfants n’ont pas connus
Un grand-père dont on parle encore souvent, une grand-mère qui réunissait toute la famille, un parent parti trop tôt… Les plus jeunes n’ont pas toujours connu ceux dont ils viennent entretenir la tombe.
Les récits des adultes leur permettent de mettre une histoire derrière un nom. Des témoignages recueillis en Polynésie montrent combien ces moments de préparation peuvent compter pour les enfants : ils participent, écoutent et apprennent à connaître leurs aînés à travers les souvenirs de leur famille.
Une pensée pour ceux qui sont loin
Cette période peut aussi être difficile quand on vit loin du fenua. En métropole, en mission ou ailleurs, on aimerait parfois être là, donner un coup de main et retrouver les siens.
À distance, on peut prendre des nouvelles, demander une photo de la tombe fleurie ou raconter un souvenir aux enfants. Ce sont de petites choses, mais elles permettent de participer à sa façon.









