Tamari’i Volontaires : l’héritage des anciens, le courage des générations d’aujourd’hui
En avril 1941, trois cents volontaires quittent Tahiti pour rejoindre la France libre. Derrière eux, ils laissent leur île et leurs proches. Devant eux commence un voyage qui les conduira sur les champs de bataille d’Afrique, d’Italie et de France. Avec la collection AITO TAMARII, nous souhaitons honorer leur mémoire et faire vivre le lien entre les anciens et les jeunes du Pacifique qui s’engagent aujourd’hui.

Qui étaient les Tamari’i Volontaires ?
En tahitien, tamari’i signifie « enfants ». L’expression Tamari’i Volontaires est associée aux volontaires tahitiens engagés dans les forces de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle rappelle aussi leur chant de marche, qui accompagne aujourd’hui encore leur mémoire. La Maison de la culture de Tahiti rapporte qu’en septembre 1940, environ un millier de volontaires se présentent au recrutement à la caserne Bruat. Trois cents partiront de Tahiti au printemps suivant.

Ces hommes ne sont pas seulement des silhouettes sur une photographie ancienne. Ils ont une famille, un métier, des habitudes et une terre à laquelle ils sont attachés. Se souvenir de leur engagement, c’est aussi penser à ce qu’un tel départ représente : quitter les siens, traverser les océans et avancer vers un avenir incertain.
L'hymne du Bataillon du Pacifique
En 1940, sur le mont Faiere situé à St Amélie, sur les hauteurs de Papeete, il y avait une batterie d’artillerie (2 canons de marine 65mm et un canon de 47mm) pour défendre la ville d’éventuelles attaques allemandes.
Un jeune caporal-chef, Pea Tutehau (ci-dessous) affecté à cette position, commença à composer un chant pendant ses heures perdues: « Tamarii no te batterie » (enfants de la batterie).

Paroles et traduction de « Tamarii no te batterie »
Matou teie Tamarii no te batterie O ta oe i titau a’e nei Te farii nei matou i te ture No to tatau hau metua Teie mai ne o mau Tamarii O ta oe i titau a’e nei Tei ni’a roa ia tona tauraa Te vahi o te pohe | Nous sommes les enfants de la batterie Que tu as appelé Nous obéissons à la loi De notre mère Patrie Nous voici tes enfants Que tu as appelés Ils sont perchés tout là-haut Là où souffle le vent du soir. |
Quelques années plus tard, ce chant sera l’hymne du Bataillon du Pacifique et devient « TAMARII VOLONTAIRE ».
Paroles et traduction de « Tamarii volontaire »
Matou teie Tamarii volontaire O ta oe i titau mai nei Te farii nei matou i te ture No to tatau hau metua Teie mai nei to mau Tamarii O ta oe i titau mai nei Tei nia roa tona tauraa Te vahi o te pohe | Nous sommes les enfants volontaires À qui tu as fait appel Nous acceptons la loi Celle de la Mère Patrie Voici les enfants À qui tu as fait appel Où se trouve sa renommée C’est le champ de la mort. |
1940 : choisir de poursuivre le combat
Après la défaite française de juin 1940, les Établissements français d’Océanie et la Nouvelle-Calédonie rallient la France libre en septembre. Dans le Pacifique, un corps expéditionnaire de volontaires se prépare pour participer à la poursuite de la guerre.
Félix Broche joue un rôle majeur dans sa constitution. Officier en poste à Tahiti avant la guerre, il organise ensuite le rassemblement de volontaires venus de Polynésie, de Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides, aujourd’hui le Vanuatu. Leur engagement s’inscrit dans une histoire collective, réunissant des hommes issus de plusieurs terres du Pacifique.
Le 21 avril 1941 : quitter Tahiti
Le 21 avril 1941, trois cents volontaires tahitiens embarquent à Papeete à bord du Monowai, à destination de Nouméa. Ce départ constitue l’un des grands repères de leur histoire.
À Nouméa, ils rejoignent les autres contingents du Pacifique. Le voyage se poursuit vers l’Australie, où les hommes s’entraînent avant de gagner le Moyen-Orient. Après une nouvelle période de préparation en Palestine, le Bataillon du Pacifique est engagé avec la 1re Brigade française libre du général Koenig.
Leur parcours commence donc bien avant les premiers combats. Il est déjà fait de traversées, d’attente et d’apprentissage, à des milliers de kilomètres de chez eux.
Bir Hakeim : tenir ensemble

En 1942, le Bataillon du Pacifique participe à la campagne de Libye. À Bir Hakeim, il assure la défense du secteur sud-ouest de la position française. Entre le 27 mai et le 11 juin, les défenseurs résistent aux attaques des forces de l’Axe jusqu’à l’évacuation.
Les bombardements, la fatigue et le manque d’eau et de munitions rendent la situation particulièrement éprouvante. Le 9 juin, Félix Broche est tué dans le bombardement de son poste de commandement. Les Tahitiens le surnommaient Metua, « le père ».

Évoquer Bir Hakeim, c’est reconnaître le courage de ces hommes sans oublier le prix payé. Derrière le nom d’une bataille se trouvent des morts, des blessés, des prisonniers et des familles qui attendent des nouvelles.
Du Pacifique à la libération de Toulon
Après les pertes de Bir Hakeim, le Bataillon du Pacifique et le 1er Bataillon d’infanterie de marine sont réunis au sein du Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique, le BIMP.
L’unité poursuit les campagnes d’Afrique du Nord, puis combat en Italie en 1944. Elle participe ensuite au débarquement de Provence et aux opérations de libération de Toulon, au mois d’août.
1946 : retrouver le fenua
La fin des combats ne signifie pas un retour immédiat au pays. Le 5 mai 1946, les survivants retrouvent Papeete après cinq années d’absence. Le ministère des Armées et la Maison de la culture de Tahiti retiennent cette date pour leur retour.
Retrouver son île et ses proches clôt une longue séparation. Mais tous ne reviennent pas, et ceux qui rentrent portent l’expérience de la guerre. Leur rendre hommage demande de garder ensemble ces deux dimensions : la joie des retrouvailles et la mémoire des absents.

Notre collection AITO TAMARII : transmettre sans oublier
La collection AITO TAMARII est née de cette volonté de transmission. Elle rend hommage aux anciens Tamari’i Volontaires et ouvre un dialogue avec les générations du Pacifique qui choisissent aujourd’hui l’engagement militaire.
Les époques et les parcours sont différents. Le lien que nous souhaitons exprimer tient à l’attachement aux origines, au courage de partir, à la fraternité et à la responsabilité de faire vivre ce qui a été transmis.

Cette intention se retrouve dans les visuels de la collection :
La vague évoque le Pacifique, les traversées et le lien entre les terres.
Le visage du Tamarii, tourné vers l’horizon, représente une génération qui avance sans oublier ses racines.
Le cocotier et le soleil du modèle Polynésie rappellent la terre d’origine et l’attachement au fenua.
La crête du cagou du modèle Nouvelle-Calédonie et la croix du modèle Wallis-et-Futuna donnent à chaque déclinaison son identité.
Ces trois modèles expriment une fraternité actuelle entre les territoires. Ils ne prétendent pas attribuer à chacun une participation identique aux événements historiques racontés ici.
Sur nos futurs articles, ces symboles deviennent une manière de garder ses racines près de soi et de susciter une question, un échange, une envie de connaître l’histoire.
Faire vivre leur mémoire
Rendre hommage aux Tamari’i Volontaires, c’est continuer à raconter leur parcours avec respect. C’est transmettre leurs noms, leurs photographies et leurs souvenirs, tout en laissant une place à la parole des familles.
Chez AITO Guerrier du Pacifique®, nous souhaitons que cette collection accompagne cette démarche : se souvenir de ceux qui sont partis et regarder avec fraternité ceux qui prennent aujourd’hui leur propre chemin.
L’héritage des anciens. La force des Tamarii d’aujourd’hui.









